La semaine sainte et Pâques

Les quelques pages qui suivent n'ont pas la prétention de tout vous dire sur la Semaine Sainte, loin de là, elles ont été créées pour permettre aux élèves, à leurs parents ou à des visiteurs de réfléchir quelques instants au parcours de Jésus durant ses dernières heures de vie terrestre, s'ils le souhaitent.

Ce parcours ressemble un petit peu à notre parcours.

Le dimanche, Jésus est acclamé par la foule à Jérusalem. Il est reçu avec tous les fastes possibles. Mais cela ne peut pas lui faire tourner la tête, il est Jésus, dépourvu d'orgueil. Il sait très bien ce qui va lui arriver quelques jours plus tard.

Il nous arrive parfois d'être au centre de quelque chose et de penser que nous sommes très importants aux yeux des autres. Le Dimanche des Rameaux peut nous aider à rester humbles en toutes circonstances. Pas d'orgueil dans nos vies ! Bien des personnes décédées nous manquent encore aujourd'hui. Mais qu'est-ce qui nous manque chez elle ? L'amour, la présence. Pas l'orgueil !

 

Le Mardi Saint (dans notre diocèse), l'évêque réunit tous les prêtres, les diacres, les fidèles pour bénir les saintes huiles. Ainsi sur les « frères que cette onction va imprégner », vont être répandus largement les dons du Saint-Esprit lors des baptêmes, au moment de la confirmation, pour l’ordination de l’évêque et l’ordination du prêtre, ainsi que pour la dédicace des églises et des autels, la bénédiction des cloches.

Le Mardi Saint peut nous rappeler l'importance du sacré. Il y a des choses que l'on ne peut pas faire et des choses que l'on ne peut pas dire. La crainte de Dieu, c'est l'amour respectueux que nous devons avoir en Dieu, et le reste, ce qui est bien, découlera de cet amour.

 

Le Jeudi Saint, Jésus partage tout son être à ses amis (les disciples). Il se donne tout entier. Il leur donne son corps (le pain : l'hostie) et son sang (le vin mêlé d'un peu d'eau). Nous sommes les amis de Jésus et chaque jour, à la messe, il se donne à nous. Jésus lave les pieds de ses disciples, lui qui est leur maître... Il les sert. Ne dit-on pas que "diriger, c'est servir" ?

Le Jeudi Saint peut nous rappeler que nous devons être au service des autres et que nous devons accepter avec grand bonheur le corps et le sang du Christ que nous pouvons recevoir à la communion. Il nous nourrit. Se laver, se nourir... nous comprenons plus que jamais en cette période de crise sanitaire combien se laver et se nourrir sont importants. On le savait bien pourtant, mais ces deux notions ne sont plus tout à fait appréhendées de la même manière.

 

Le Vendredi Saint, Jésus souffre énormément lors de son procès et surtout lors du chemin qui le mène à la croix et en mourant sur cette croix. Il a été frappé, insulté, moqué. Il a pris en lui toutes nos fautes, tous nos manques d'amour. Sa mère était au pied de la croix, elle a souffert comme une mère peut souffrir de voir son fils, innocent, ainsi traité et mourir.

Le Vendredi Saint peut nous rappeler que le jugement et la souffrance font partie de notre quotidien. Il faut apprendre à les accepter, sans passer notre temps à vouloir les refouler. Les accepter et les offrir au Christ. Un vieux prêtre m'a dit un jour que durant sa vie, il avait plus souffert que le Christ sur la croix. Le problème, c'est que nous faisons tous les jours souffrir le Christ par notre manque d'amour... Ce prêtre, qui était loin d'être idiot, avait sans doute fait de l'humour. Beaucoup de personnes disent pourtant ce genre de choses. Le Vendredi Saint nous met aussi face à la mort. Mais uniquement en vue de la résurrection. Pour ceux qui croient, la mort est un passage. Mais tant de personnes et de choses nous retiennent sur cette terre ! En cette période où tant de personnes meurent, il est bien difficile de parler de la mort.

 

Le Samedi Saint, c'est le silence. Rien. Il ne se passe rien. Jésus est mort, il repose dans son tombeau, c'est le shabbat chez les Juifs, jour de repos obligatoire. Rien ! Le silence...

Comme il est écrit dans le panneau d'affichage de la cour intérieure du collège : "Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit." C'est dans le silence que Dieu nous parle le mieux. C'est dans le silence que nous pouvons le mieux l'écouter. C'est dans le silence que la vérité finit par éclater. Ceux qui sont sourds sont toujours dans le silence.

 

Le Dimanche de Pâques, c'est le sommet de la joie ! Le tombeau est vide ! Jésus n'y est plus ! Mais où est-il alors ? Il est ressuscité ! comme il l'avait annoncé. C'est là que certains se disent que ce sont des histoires à dormir debout... Chacun a le droit de penser ce qu'il veut. Ceux qui croient sont très heureux de savoir que Jésus est vivant. Et comme il l'a dit, il est avec nous tout le temps. Il suffit de lui parler et il nous entend. Il suffit d'aimer et il est heureux. Il suffit de pardonner et il est heureux.

Pâques, c'est aussi la nouvelle personne que nous pouvons être après une prise de conscience. Si j'ai envie de changer, d'être meilleur, je peux y arriver. Même si la route est longue, semée d'embûches, je peux y arriver. Certains y arrivent très bien, ils sont des exemples pour nous.

 

Très belle Semaine Sainte à vous et très belle fête de Pâques !

 

PL

 

 

 

 

 

Jésus est acclamé comme un roi à Jérusalem. Un prélude joyeux et glorieux aux douloureuses humiliations qu'il connaîtra. Qui dirait que quelques jours après on le crucifierait ?

« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Mc 11, 1-10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (bénédiction des rameaux)

Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, vers Bethphagé et Béthanie, près du mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez au village qui est en face de vous. Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le.
Si l’on vous dit : « Que faites-vous là ?
», répondez : « Le Seigneur en a besoin, mais il vous le renverra aussitôt. »

Ils partirent, trouvèrent un petit âne attaché près d’une porte, dehors, dans la rue, et ils le détachèrent.
Des gens qui se trouvaient là leur demandaient : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit, et on les laissa faire.

Ils amenèrent le petit âne à Jésus, le couvrirent de leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus.
Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres, des feuillages coupés dans les champs.
Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! »

 

 

 

Chaque année, dans tous les diocèses du monde, prêtres, diacres et fidèles se réunissent pour célébrer la Messe Chrismale.

Elle se célèbre normalement au matin du Jeudi Saint mais peut être anticipée.

 

 

Pourquoi « Chrismale » ?

La Messe Chrismale reçoit cette appellation parce que c’est au cours de cette célébration que le Saint Chrême (Sanctum Chrisma) est consacré par l’évêque. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre.

Avec le Saint Chrême qui est l’objet d’une consécration spéciale, deux autres huiles sont bénites : l’Huile des Catéchumènes (Oleum Sanctum) qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême surtout pour les adultes ou les enfants déjà grands ; et l’Huile des Malades (Oleum Infirmorum) qui sert dans la célébration du Sacrement des malades.

 

La symbolique de l’Onction

Le mot grec « chrisma » signifie « onction ». Chrisma a donné : « Christ », et aussi « chrétien ». L’onction s’appuie sur le symbolisme de l’huile. Celui qui est oint comme le roi puis le prêtre en Israël, est pénétré par la puissance divine.

Cette huile est aussi parfumée. Le parfum indique la présence de quelqu’un qu’on ne voit ni n’entend : " Nous sommes la bonne odeur du Christ " écrit St Paul (2 Cor. II,15).

L’huile est par elle-même chargée de divers symboles : nourriture, éclairage, remède, fortifiant, parfum...

Le geste de l’onction est très ancien. Dans l’Ancien Testament, on le voit pratiqué aussi bien de manière profane (joie, honneur, hospitalité) que comme rite de consécration à Dieu. C’était le cas pour l’autel, pour les rois, pour les prêtres et spécialement le Grand prêtre.

La liturgie chrétienne est restée fidèle au rite consécratoire de l’onction tout en accueillant et déployant la signification que cette onction contenait déjà dans l’Ancien Testament et que le Christ Jésus révèle en plénitude dans le Nouveau Testament : « l’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction… » cette parole de l’Écriture, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit (Luc IV, 16-20).

Ainsi sur les « frères que cette onction va imprégner », vont être répandus largement les dons du Saint-Esprit lors des baptêmes (onction sur le sommet de la tête), au moment de la confirmation (sur le front), pour l’ordination de l’évêque (onction de la tête) et l’ordination du prêtre (onction des mains), ainsi que pour la dédicace des églises et des autels, la bénédiction des cloches.

Au cours de cette messe qui manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine autour de son Evêque, les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, célébrer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.

 

 

 

 

Jésus prépare son invisibilité due à sa mort en devenant nourriture de vie humaine. Le pain devient son Corps et le vin devient son Sang. Ainsi, en refaisant ce geste de partage à la messe, les apôtres (prêtres) portent à tous les hommes Dieu en nourriture.

Le soir étant venu, il se mit à table avec les douze. Pendant qu'ils mangeaient, il dit : Je vous le dis en vérité, l'un de vous me livrera. Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire : Est-ce moi, Seigneur ? Il répondit : Celui qui a mis avec moi la main dans le plat, c'est celui qui me livrera. Le Fils de l'homme s'en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux vaudrait pour cet homme qu'il ne fût pas né. Judas, qui le livrait, prit la parole et dit : Est-ce moi, Rabbi ? Jésus lui répondit : Tu l'as dit. Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Il prit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. (Evangile selon St Matthieu, 26, 20-29)

 

 

 

Jésus affronte la mort due au péché d’Adam et Eve poussés par Satan à se prendre pour Dieu. Jésus meurt sur la croix comme un malfaiteur. Il doit rester mort durant trois jours pour que sa mort soit reconnue réelle et que sa Résurrection soit une vraie victoire sur la mort.

Les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le prétoire, et ils assemblèrent autour de lui toute la cohorte. Ils lui ôtèrent ses vêtements, et le couvrirent d'un manteau écarlate. Ils tressèrent une couronne d'épines, qu'ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite ; puis, s'agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant : Salut, roi des Juifs ! Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête. Après s'être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier. Lorsqu'ils sortirent, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, appelé Simon, et ils le forcèrent à porter la croix de Jésus. Arrivés au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne, ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; mais, quand il l'eut goûté, il ne voulut pas boire. Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète : Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique. Puis ils s'assirent, et le gardèrent. Pour indiquer le sujet de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête : Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. Avec lui furent crucifiés deux brigands, l'un à sa droite, et l'autre à sa gauche. Les passants l'injuriaient, et secouaient la tête, en disant : Toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même ! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui, et disaient : Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même ! S'il est roi d'Israël, qu'il descende de la croix, et nous croirons en lui. Il s'est confié en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime. Car il a dit : Je suis Fils de Dieu. Les brigands, crucifiés avec lui, l'insultaient de la même manière. Depuis la sixième heure jusqu'à la neuvième, il y eut des ténèbres sur toute la terre. Et vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte : Éli, Éli, lama sabachthani ? c'est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Quelques-un de ceux qui étaient là, l'ayant entendu, dirent : Il appelle Élie. Et aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge, qu'il remplit de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire. Mais les autres disaient : Laisse, voyons si Élie viendra le sauver. Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit. (Evangile selon St Matthieu, 27, 27-50)

 

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Ce jour reste donc silencieux, il prépare en secret le matin de Pâques où le tombeau de Jésus est trouvé vide par Marie-Madeleine, puis par Pierre et Jean.

 

 

Le matin de Pâques, le grand changement est arrivé, le Carême a atteint son but : Jésus est passé de la mort à la vie éternelle. Désormais chaque être humain peut conduire sa vie au Royaume du Ciel.

 

 

Pâques, c'est la plus grande fête chrétienne : la Résurrection de Jésus, la victoire de Jésus sur la mort.

« Pâques » signifie « passage », c’est le passage de la vie humaine à la vie éternelle à travers une mort qui n’est plus définitive.

C’est le passage de la vie terrestre à la vie dans le Royaume de Dieu.

C’est la confirmation de cette naissance de Dieu dans un corps humain. Le corps humain peut à nouveau porter en lui la vie de Dieu.

Mais cela ne se fait pas magiquement ; la vie se développe dans une liberté qui rend chaque personne organisatrice et constructrice de sa propre vie ; chaque être humain peut choisir de réaliser en lui sa part d’humanité qui passera dans l’éternité comme la vie de Jésus est repassée auprès de son Père, chaque être humain peut s’associer à cette Pâque pour réaliser et vivre sa propre Pâque.

 

Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l'autre Marie allèrent voir le sépulcre. Et voici, il y eut un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre, et s'assit dessus. Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige. Les gardes tremblèrent de peur, et devinrent comme morts. Mais l'ange prit la parole, et dit aux femmes : Pour vous, ne craignez pas ; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n'est point ici ; il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché, et allez promptement dire à ses disciples qu'il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée : c'est là que vous le verrez. Voici, je vous l'ai dit. (Evangile selon St Matthieu, 28, 1-7)

 

A travers Jésus, tout homme peut désormais développer en lui la vie et la mener au-delà de la mort.

 

Abbé Dominique Bassaistéguy